RECHERCHES SCIENTIFIQUES

LES YNDROME DE LYSE TUMORALE CHEZ L’ENFANT PROFILCLINICO-BIOLOGIQUE,ÉPIDÉMIOLOGIQUE THÉRAPEUTIQUE ET ÉVOLUTIF (Aproposde36cas

Référence1020
Année2014
TypeThèse
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AuteurKriouile K
DisciplinePédiatrie
EncadrantHida M

Le syndrome de lyse tumorale (SLT) est une complication métabolique observée lors du traitement de certains cancers associant une masse tumorale importante et/ou un temps de doublement rapide. Il traduit la libération par une cellule tumorale de ses constituants cellulaires, à l’origine de perturbations biologiques et cliniques pouvant mette en jeu le pronostic vital du patient. Ce travail est une étude rétrospective portant sur l’ensemble des patients suivis au sein de l’unité d’hémato-oncologie du service de pédiatrie du CHU Hassan II de Fès, sur une période de 2 ans (allant du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012), et ayant développé un SLT. Notre objectif est de déterminer la prévalence du SLT chez les enfants atteints de cancer, d’identifier les principales pathologies responsables du SLT, de déterminer les facteurs responsables du retard de la prise en charge et évaluer l’évolution de ces patients. Trente-six malades sont diagnostiqués comme ayant développé un SLT durant cette période. La moyenne d’âge est de 6 ans, le sexe ratio M/F est de 1,1. 70% des cas ont présenté des signes cliniques en rapport avec l’insuffisance rénale aigue, 50% des patients ont présenté des manifestations digestives, 9% des cas ont présenté des signes neurologiques et 6% des cas ont présenté des troubles du rythme cardiaque. Sur le plan biologique, 83% des cas ont présenté une hyperuricémie, 70% des cas ont présenté une insuffisance rénale aigue, 27% des cas ont présenté une hypocalcémie, 22% des cas ont présenté une hyperkaliémie et 8,3% des cas ont présenté une hyperphophorémie. La classification de Cairo et Bishop a été utilisée pour classer les malades de notre série, ainsi, tous nos patients ont un SLT biologique et 83% des cas ont un SLT clinique. Les principales pathologies malignes incriminées sont représentées par les hémopathies malignes dans 58,3% des cas (principalement le lymphome de Burkitt (27,8%) et les leucémies aigues lymphoblastiques (19,4%)), et les tumeurs solides dans 41,7% des cas. Le SLT était spontané dans 53% des cas, et induit par la chimiothérapie dans 47% des cas. Tous nos patients ont reçu une hyperhydratation alcaline et 50% des cas ont reçu du furosémide pour relancer leur diurèse, 83% des cas ont reçu l’allopurinol. L’hyperkaliémie était corrigée par l’administration de kayexalate chez 2 patients, par l’insuline dans 2 cas et le salbutamol dans 2 cas. Trois patients ont bénéficié d’une hémodialyse. L’évolution était favorable dans 86% des cas, 8% des cas ont présenté une réapparition du SLT dès le début de la chimiothérapie et 14% des cas sont décédés. A la lumière de ces résultats, le SLT chez l’enfant est une complication de la chimiothérapie potentiellement grave. La prévention systématique, la prise en charge rapide et la surveillance étroite permettent une évolution favorable des patients, d’où l’intérêt du diagnostic précoce et de la multidisciplinarité