RECHERCHES SCIENTIFIQUES

Le lupus et grossesse (A propos de 15 cas à l’hôpital militaire Moulay Ismail de Meknès)

Référence1089
Année2014
TypeThèse
Lien document
AuteurMazozi F
DisciplineGynécologie Obstétrique 2
EncadrantMelhouf MA

ntroduction : Le lupus érythémateux systémique est une maladie auto immune multifactorielle caractérisée par son polymorphisme clinique et son évolution par poussées. Une grossesse associée au lupus est une « grossesse à risque » qui nécessite une collaboration étroite entre la patiente et ses praticiens afin de programmer cet événement et le mener à terme dans les meilleures conditions.
Objectifs : Analyser les effets de la grossesse sur le lupus et les effets de celui-ci sur la grossesse et mettre en relief les modalités de la prise en charge de ces patientes.
Matériels et méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective de15casde lupus érythémateux systémiqueet grossesse colligés au service de gynécologie obstétrique à l’hôpital militaire Moulay Ismail de Meknès, sur une période de 3 ans de 2009 à 2012. Cette étude s’est basée sur la consultation des archives du service ainsi qu’une revue de la littérature.
Résultats : L’âge moyen de nos parturientes est de 34 ans. Toutes les patientes sont connues lupiques avant leurs grossesses actuelles sauf une dont le lupus a été découvert à l’occasion de cette grossesse. Le taux moyen de la gestité est de 1,86 geste. La parité moyenne de nos patientes est de 0,8 parité.
La fréquence de cette association dans notre série est de 0,19%, Le taux d’arrêt de grossesse est de 20%. Le taux de retard de croissance intra-utérin est de 20%. Celui de la prématurité est de 33,3%. Le taux de poussées lupiques au cours de la grossesse est de 46,6 %.
Deux patientes ont présenté une prééclampsie sévère compliquée d’éclampsie, l’une d’elles s’est aussi compliquée d’un HELLP syndrome et elle est décédée à j4 du postpartum. Un nouveau-né prématuré est décédé à J3 de vie suite à une détresse respiratoire sévère. Discussion : selon les auteurs, la fertilité des femmes lupiques n’est pas affectée, donc la fréquence de l’association lupus et grossesse est non négligeable.
La grossesse chez les patientes lupiques est à haut risque aussi bien pour la mère que pour l’enfant, les femmes les plus exposées sont celles qui ont une atteinte rénale préexistante et un lupus actif avant de la conception.
Le risque fœtal est représenté surtout par les avortements spontanés à répétition, la mort fœtale, le retard de croissance in utero et la prématurité.
Les chiffres d’arrêt de grossesse sont plus élevés si la maladie est active lors de la conception, s’il existe un syndrome des anticorps antiphospholipides associé ou une néphropathie lupique. Le taux de prématurité reste encore élevé.
Une poussée de lupus peut survenir à n’importe quel moment de la grossesse, mais aussi au cours des semaines et des mois qui suivent l’accouchement. La nature des poussées selon le système/organe touché durant la grossesse diffère de celle survenant hors grossesse. Le principal facteur prédictif de poussées est un lupus actif cliniquement et biologiquement dans les 6 mois qui précèdent la grossesse.
Le risque du lupus néonatal est essentiellement lié à l’existence d’anticorps anti- Ro (SSA) et anti-La(SSB). Sa prévention doit être de première intention.
Conclusion : Le respect d’une période d’accalmie du lupus (au moins 6 mois) et l’optimisation de la prise en charge thérapeutique avant la conception est
essentielle afin d’éviter les poussées. Il est bien entendu nécessaire de proposer une approche multidisciplinaire en centres spécialisés de ces grossesses qui restent à risque, avec une surveillance clinique, biologique et échographique régulière, permettant une adaptation des traitements, un contrôle optimal de la maladie et une grossesse réussie.