RECHERCHES SCIENTIFIQUES

Facteurs de morbi-mortalité en chirurgie coronaire (A propos de 41 cas)

Référence1036
Année2014
TypeThèse
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AuteurKerzaz R
DisciplineRéanimation Polyvalente 1
EncadrantKhatouf M

Introduction : la chirurgie de revascularisation coronaire est une chirurgie à haut risque puisqu’elle peut aboutir à plusieurs complications cardiovasculaires, respiratoires, rénales et neurologique, d’où l’intérêt d’une bonne évaluation préopératoire, d’un monitorage invasif en peropératoire et d’une prise en charge
adéquate dans un milieu de réanimation en postopératoire. L’objectif de notre étude est d’évaluer les aspects épidémiologiques et démographiques de ces patients, la stratégie d’évaluation préopératoire, étudier la morbi-mortalité liée à cette chirurgie afin d’optimiser la prise en charge de ces patients.
Matériels et méthodes : c’est une étude rétrospective portant sur les 41 patients ayant bénéficié d’une chirurgie de revascularisation coronaire sur une période de 41mois, allant de 2010 au 2013 au service de réanimation A1 au CHU Hassan II de Fès.
Résultats : durant cette période, 41 patients ont bénéficiés d’une chirurgie de revascularisation coronaire (37 patients ont bénéficiés d’un PAC et 5 patients ont bénéficiés d’une chirurgie combinée PAC+RV). L’âge moyen de nos patients était de 58,45ans, avec des extrêmes allant de 22 à 71 ans. Le sexe masculin était prédominant avec 27 hommes, soit 65.9% des cas. Les principaux antécédents étaient représentés par le diabète chez 20 patients (50%), l’HTA chez 19 patients (47,5%), la dyslipidémie chez 8 patients (19%). 17 étaient tabagiques, soit 42,5% des cas. 5 patients étaient suivis pour angor instable, soit 12% des cas. L’évaluation préopératoire était basée essentiellement sur l’évaluation cardiovasculaire avec appréciation de la capacité fonctionnelle l’ETSA et l’ETT de repos qui avait objectivée une fraction d’éjection moyenne du ventricule gauche à 53,17 % avec des extrêmes entre 35%-75%. Sténose aortique serrée chez 3 patients (7,3%). Un rétrécissement mitral serré chez 2 patients (4,8). Tous les patients ont bénéficiés d’un monitorage standard (Eléctrocardioscope, oxymétrie de pouls, température centrale, monitorage de la diurèse, un cathéter de pression invasive, une voie veineuse centrale). L’antibioprophylaxie était assurée essentiellement par amoxicilline + acide clavulanique et céphalosporines 1er et 2ème génération. Les principaux hypnotiques utilisés sont l’étomidate et le propofol et le cisatracurium pour les curares. La durée moyenne de CEC en minutes était de 116,6+/- 40,53. La durée de clampage aortique 72,12+/- 29,72 minutes. Une cardioplégie froide au cristalloïde enrichie de K+ a été employée chez tous nos malades. La sortie de la CEC était simple chez 27 patients (65,5%), le recours aux drogues vasoactives était nécessaire chez 13 patients, Le recours à une défibrillation chez un patient. Tous les patients ont bénéficiés en postopératoire d’un réchauffement, d’une analgésie multimodale, d’une kinésithérapie respiratoire avec ventilation non invasive et d’une anticoagulation préventive puis curative à base d’HNF. La durée moyenne de ventilation artificielle était 2,5 heures, La durée moyenne d’hospitalisation en réanimation était de 2,86 jours. Les principales complications postopératoires étaient représentées par : un saignement chez 8 patients (19,5%), 3 patients ont nécessité une reprise chirurgicale, une instabilité hémodynamique chez 5 patients (12,2%), un OAP chez un patient, une ischémie myocardique postopératoire chez 1 patient, des troubles de rythme chez 3 patients (7,3%), les complications respiratoires postopératoires chez 7 patients (17%), une insuffisance rénale postopératoire chez 5 patients (12.2%). Une surinfection de la paroi chez 1 malade. On a noté 3 décès dont 1 au bloc opératoire et 2 en milieu de réanimation

Conclusion : la prise en charge des patients en chirurgie coronaire, même en dehors de l’urgence, s’accompagne d’une morbi-mortalité importante, d’où la nécessité d’une approche multidisciplinaire