RECHERCHES SCIENTIFIQUES

Devenir de l’ictère néonatal intense

Référence803
Année2015
TypeThèse
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AuteurBadja S
DisciplineNéo-natologie et Réanimation néo-natale
EncadrantBouharrou A

L’ictère en période néonatale est une pathologie extrêmement fréquente. Cette affection est habituellement bénigne et de résolution spontanée. Cependant, en cas d’ictère intense, le nouveau-né peut être exposé à des complications neurologiques redoutables responsables de séquelles définitives, du fait de la neurotoxicité de la bilirubine libre. Notre travail consiste à étudier le devenir des nouveau-nés qui avaient fait un ictère néonatal intense, en analysant le développement psychomoteur et en cherchant les complications neurosensorielles qui constituent l’évolution la plus redoutable de l’hyper bilirubinémie intense. En analysant les dossiers de 127 nouveau-nés qui présentaient un ictère intense avec un taux de BT≥180mg/l, et hospitalisés au service de Néonatologie et de Réanimation du 1èr janvier 2011 au fin décembre 2012.L’ictère intense constituait 36% de la totalité des ictères néonatals durant cette période, avec une prédominance masculine (sexe ratio de 1,8). La moyenne d’âge était de 3 jours, et les signes neurologiques étaient présents chez 18% des nouveau-nés. L’ictère débutait dans les trois premiers jours de vie chez 86,5% des nouveau-nés et se traduisait par une hyper-bilirubinémie moyenne de 232 mg/L, associé à une anémie dans 20% des cas et à une thrombopénie dans 15% des cas. Les étiologies étaient dominées par l’incompatibilité ABO qui ont représenté 24,6% des étiologies, suivies par l’incompatibilité rhésus dans 21,4% des cas. L’ictère était d’origine indéterminée dans 35% des cas. Le traitement se basait essentiellement sur la photothérapie intensive, alors que le recours à l’exsanguino-transfusion était dans 26 cas soit chez 20% des malades. L’évolution favorable clinique et biologique a été la règle chez la majorité des cas.La comparaison de nos résultats avec les données de la littérature, compte tenue des différences des critères d’inclusion entre les études, a mis en évidence une différence dans la voie d’accouchement marquée par une fréquence relativement élevée de césarienne et une fréquence moins importante des d’accouchements instrumentaux, ainsi qu’une fréquence toujours élevée d’incompatibilité materno-foetale. Dans la présente étude, notre objectif était d’étudier le devenir des nouveau-nés avec ictère intense à la recherche de séquelles neurologiques et sensorielles de l’ictère nucléaire. Sur les 66 enfants revus en consultation seulement 9 avaient un développement psychomoteur anormal allant d’un simple retard d’acquisition à un retard global et sévère du développement, dont 5 ont des séquelles neurologiques de degrés divers de sévérité, et 3 parmi eux ont une surdité et une hypoplasie de l’email. On note que ces 5 enfants ont tous reçus une PTI et seulement un qui a bénéficié de l’EST, et que leur taux moyen de bilirubine total était de 275 +/-50mg/l. Des PEA sont réalisés chez 14 nourrissons, revenants normaux dans 6 cas et pathologiques dans 8 cas dont 3 nourrissons avaient une surdité profonde. L’analyse des données anamnestiques, cliniques, paracliniques, étiologiques et thérapeutiques des nouveau-nés, nous a permis d’observer que le devenir des nouveau-nés atteints d’hyper-bilirubinémie intense est lié à plusieurs facteurs : L’âge gestationnel du nouveau-né ; Le poids de naissance ;L’antécédent d’ictère néonatal dans la fratrie avec recours à la photothérapie ;’âge du début de l’ictère La présence de signes neurologiques à la phase aigue ;L’étiologie de l’ictère (l’incompatibilité ABO, rhésus) ;Taux de BNC;