RECHERCHES SCIENTIFIQUES

DERMATOSES FACIALES CORTICO-INDUITES Expérience du service de dermatologie de l’hôpital militaire Moulay Ismail de Meknès (A propos de 23 cas)

Référence987
Année2016
TypeThèse
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AuteurBahassa S
DisciplineHôpital Militaire My Ismail Meknès
EncadrantEl houari M

Les corticoïdes sont largement utilisés pour leurs propriétés anti inflammatoire, immunosuppressive et antiproliférative et permettent d’obtenir des résultats majeurs dans de nombreuses pathologies dermatologiques. L’utilisation inappropriée des corticostéroïdes topiques sur le visage essentiellement à visé dépigmentant induit des dermatoses faciales. Le tableau clinique de ces dermatoses cortisoniques est le plus souvent stéréotypé, ressemble le plus souvent à une rosacée résistante aux traitements classiques associée à des troubles pigmentaires. Les symptômes semblent être dose et durée dépendantes, surviennent en général quelques semaines à quelques mois après le début du traitement et s’estompent très rarement à l’arrêt de celui-ci. Nous avons mené une étude rétrospective descriptive qui a permis de recueillir 23 patientes vues en consultation de dermatologie de l’hôpital militaire Moulay Ismail de Meknès, ayant utilisé une corticothérapie topique d’une manière inappropriée et ayant présenté une dermatose faciale secondaire, sur une période de 3 ans (Janvier 2013 => Décembre 2015). Notre étude a pour objectif de déterminer le profil épidémiologique des dermatoses faciales secondaires aux dermocorticoïdes, décrire le contexte d’application, décrire les aspects cliniques, évaluer le profil évolutif et thérapeutique ainsi que sensibiliser sur les effets de l’usage détourné des stéroïdes topiques. L’âge moyen de nos patientes est de 39 ans avec la tranche d’âge la plus touchée entre 30 et 45 ans Le motif d’application des dermocorticoïdes était dans la majorité des cas une préoccupation esthétique avec 9% des femmes rapportaient une rosacée, 17% avaient une acné et une pigmentation du visage chez 4%. La source de recommandation était l’entourage et amies des patientes contre 4% seulement qui avaient une prescription médicale (médecin généraliste). 53% des femmes appliquaient des corticostéroïdes de classe forte, 33% classe très forte alors que le reste appliquaient des corticoïdes de classe modérée. 48% des femmes utilisaient ces produits sur des périodes dépassant une année, 74% sur un mode continu tandis que 23% sur un mode discontinu. Sur le plan clinique, l’éruption rosacéïforme était prédominante, survenant de novo chez 83% des femmes et aggravée chez 9% des cas. Les troubles pigmentaires ont été aussi rapportés. Seulement une femme avait nécessité le recours à une biopsie cutanée. Sur le plan thérapeutique, L’arrêt brutal sans dégression de la corticothérapie locale était la règle. Toutes les patientes avaient bénéficié d’un traitement local à base de métronidazole topique à raison de deux applications par jour. 12 femmes soit 52% avaient reçu un traitement systémique à base de cyclines. Le volet psychologique de la maladie est capital et mérite d’être considéré à sa juste valeur.