RECHERCHES SCIENTIFIQUES

Facteurs associes au recours nonapproprie au service des urgences : etude analytique a l’hopital provincial – nador

Référence2244
Année2010
TypeThèse
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Disciplines associéesFaculté de Médecine et de Pharmacie de Fès
AuteurElmajjaoui A
DisciplineEpidémiologie
EncadrantNejjari C

Introduction : L’utilisation non appropriée du service des urgences est à l’origine de problèmes organisationnels importants et entraîne des dysfonctionnements dans la prise en charge des consultants. L’objectif principal de ce travail est de déterminer les facteurs associés au recours non approprié au service des urgences. Matériels et méthodes : Il s’agit d’une étude transversale réalisée au niveau du service des urgences du Centre Hospitalier Provincial de Nador, sur une période de trois semaines, allant du 20 avril au 10 mai 2010, auprès de 500 consultants de ce service. Le recueil de l’information s’est fait au moyen d’un questionnaire développé à partir des objectifs du travail et d’une revue bibliographique sur ce sujet. Pour la définition d’une consultation non appropriée, on s’est basé sur des critères qu’on a adaptés au contexte marocain (nature de la pathologie, jour et moment de la consultation ainsi que l’ancienneté des symptômes). Résultats : Notre échantillon était constitué de deux groupes de consultants, les consultants dépendants (90 individus) et les consultants non dépendants (410 individus). La moyenne d’âge dans le groupe des consultants non dépendants était de 36,7 +/- 15,7 ans avec une prédominance masculine (55,1%). La proportion des consultants non appropriés était de 31,5%. Parmi les consultants non appropriés, presque 33% avaient un revenu de ménage supérieur à 6000 Dh, versus presque 19% chez les consultants appropriés. Les consultants ayant une couverture sociale représentaient 18,3% des consultants non appropriés, versus presque 10% chez les consultants appropriés. La proportion des consultants ruraux représentait 10,3% des consultants non appropriés, versus 6,7% des consultants appropriés. 92,1% des consultants non appropriés étaient auto-référés, versus 82,7% des consultants appropriés. Les symptômes avaient débutés depuis plus de 3 jours chez 42,1% des consultants non appropriés, versus 2,5% des consultants appropriés. Parmi les consultants non appropriés une proportion de 68,3% était calme, versus 37,7% chez les consultants appropriés. Parmi les consultants non appropriés, 36,8% des consultants disaient que leur problème de santé n’était pas du tout grave, versus 10,1% des consultants appropriés. Pour les consultants non appropriés une proportion de 44,8% des consultants considérait que leur problème de santé n’était pas urgent, versus 11,2% des consultants appropriés. Parmi les consultants non appropriés, 57,1% avaient un niveau de douleur allant de 3 à 5, versus 38,2% chez les consultants appropriés. Une proportion de 63,5% des consultants non appropriés avait consulté pour des symptômes non spécifiques, versus 22,5% chez les consultants appropriés. Le nombre élevé de médecins au service des urgences était le motif de recours de 8% des consultants non appropriés versus 2,1% des consultants appropriés .L’expérience des professionnels de santé au service des urgences était derrière le recours de 28,6% des consultants non appropriés, versus 18,3% des consultants appropriés. La disponibilité des spécialistes était considérée comme un motif de recours au service des urgences pour 37,3% des consultants non appropriés, versus 14,8% des consultants appropriés. L’absence de rendez-vous était le motif de recours de 46% des consultants non appropriés, versus 18,3% des consultants appropriés. Le plateau technique était derrière le recours au service des urgences de 47,5% des consultants appropriés versus 30,2% des consultants non appropriés. Le certificat médico-légal était le motif de recours de 10,9% des consultants appropriés versus 0,8% des consultants non appropriés. L’accessibilité matérielle était le motif de recours de 17,5% des consultants non appropriés versus 9,5% des consultants appropriés. Parmi les consultants appropriés, seulement 23,9% des consultants étaient urgents. Concernant le devenir des malades, une proportion de 86,5% des consultants non appropriés avaient quitté le service des urgences après avoir reçu les prestations versus 82,7% des consultants appropriés.Conclusion : Cette étude nous a permis d’identifier plusieurs facteurs prédictifs d’une consultation non appropriée au service des urgences. Entreprendre des actions de communication et d’éducation du grand public pour promouvoir le bon usage du service des urgences, l’instauration d’un système de garde au sein des établissements de soins de santé de base ainsi que l’amélioration des services rendus par ces établissements deviennent une véritable nécessité pour assurer un bon fonctionnement du service des urgences