RECHERCHES SCIENTIFIQUES

Etude longitudinale à propos de l’impact du ramadan sur le trouble bipolaire

Référence1091
Année2015
TypeThèse
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AuteurBzikha R
DisciplinePsychiatrie
EncadrantRammouz I

Le jeûne durant le mois du Ramadan est une pierre angulaire de l‘Islam. Plusieurs perturbations des rythmes biologiques ont été signalés chez les jeûneurs pendant ce mois, mais il n’ya pas de consensus sur l’impact du jeûne sur les patients atteints de trouble bipolaire. Nous avons mené une étude longitudinale chez 34 patients présentant un trouble bipolaire stabilisée (critères DSM-IV) depuis au moins 6 mois, dont 92 % des patients ont jeuné, ciblant le mois de Ramadan de l‘année 2014. Les participants ont été recrutés parmi les consultants à l´hôpital Ibn Al Hassan de Fès. Ils ont été évalués pour la dépression par BDI, de la manie par l’échelle de Young, de la somnolence diurne par l’échelle d‘Epworth et l‘Index de qualité du sommeil de Pittsburgh, pour l‘hypomanie par l‘échelle d‘Angst, et pour l‘observance thérapeutique par l’échelle de MARS. Trois évaluations cliniques ainsi que les niveaux plasmatiques des thymorégulateurs ont également été évalués, avant, au cours et au décours du mois de Ramadan. L’âge moyen des patients était de 36,48 ans +/- 11,41années ; 40 % étaient des femmes ; 52 % étaient célibataires. Tous les patients étaient sous un thymorégulateur ; 64 % des patients étaient sous acide valproique à la dose moyenne de 953.13mg+/-291.81, alors que les 36% étaient sous carbamazépine, la dose moyenne étant de 755mg.56 +/-218.58; et 76 % ont reçu également des antipsychotiques. Le taux de rechute chez nos patients s‘élevait à 44%. Nous n‘avons pas retrouvé de corrélations entre les taux plasmatiques des thymorégulateurs et la rechute aux différents temps de l’enquête (test Anova), par contre, nous avons retrouvé que la qualité du sommeil des patients bipolaires s‘est altérée durant le mois de Ramadan, et cette altération s‘est maintenue lors de la 3ème évaluation

Notre conclusion c‘est que le changement de rythme social et l‘altération des cycles chronobiologiques peuvent jouer un rôle considérable dans la rechute des patients bipolaires